lundi 25 septembre 2017

La rentrée littéraire 2017

Comme chaque année, de mi-septembre à mi-octobre, la rentrée littéraire fait irruption dans vos librairies et vos bibliothèques. Les nouvelles parutions foisonnent, cette année davantage que l’année dernière, avec 581 romans contre 560 romans en 2016. Une belle part est faite aux premiers romans. On en compte 81 cette année contre 66 l’an dernier. La littérature française est à l’honneur avec près de 390 titres.

Comment s’y retrouver parmi cette abondance de publications ? Naturellement, on retrouve les auteurs français majeurs comme Erik Orsenna, Marie Darrieussecq, Amélie Nothomb, Jean-Philippe Toussaint, Sorj Chalandon, Eric Reinhardt, Chantal Thomas, Eric-Emmanuel Schmitt et Philippe Besson, Lola Lafon, Michel Le Bris ou Patrick Deville.

Parmi les auteurs étrangers notoires, figurent Don DeLillo, Ron Rash, Juan Gabriel Vasquez, Orhan Pamuk ou encore Joyce Carol Oates.

Quelles sont les particularités de cette rentrée littéraire ? Nous vous proposons d'en faire un rapide tour d'horizon... et de retrouver la liste de l'ensemble des livres disponibles dans vos bibliothèques en cliquant ici.

  • Des premiers romans révélateurs de nouveaux talents

Chaque année, la chaîne de librairies Cultura décèle des talents à découvrir. Voici les premiers romans à côté desquels il ne faut pas passer :


Jean-Baptiste Andrea, réalisateur et scénariste, lauréat du prix « Envoyé par la Poste » publie Ma Reine. Son roman nous plonge dans l’univers singulier de Shell, un enfant de 12 ans en décalage avec le monde. À travers ce conte initiatique rédigé à la première personne, le héros renonce à son enfance, bien décidé à partir faire la guerre. Or il n’y a pas de guerre, mais à la place il rencontre une petite fille, Viviane, qui deviendra sa reine. Ce roman au ton juste est une hymne à l’enfance et à la différence.

Dans Le courage qu'il faut aux rivières, Emmanuelle Favier nous transporte au cœur des traditions des "vierges jurées", ces femmes albanaises qui renoncent à leur féminité pour vivre comme des hommes. En creux se dessine le poids des codes de la société, une société dominée par les hommes mais également l’éloge du courage et de l’audace.

Sébastien Spitzer, lauréat du prix Stanislas du premier roman, dépeint dans son roman historique Ces rêves qu'on piétine les derniers jours de Magda Goebbels, l’épouse du chef de la propagande nazie.

Dans Le Sans Dieu, Virginie Caillé-Bastide explore la Bretagne au début du XVIIIe siècle, à travers les aventures étranges et inquiétantes d’un hobereau breton.

Le "Prix première plume 2017" est décerné au roman d’Evelyne Pisier, Et soudain la liberté. L’auteur étant décédée cette année, c’est son éditrice qui termine son écriture.

Nos richesses de Kaouther Adimi, déjà inscrit dans les sélections des prix Goncourt et Renaudot, nous transporte quant à lui au temps d’Edmond Charlot, le libraire d'Alger qui a été le premier à éditer Albert Camus !

  • Des révélations


La révélation de la rentrée est, sans doute, L’art de perdre d’Alice Zeniter qui reçoit le prix des libraires et le prix littéraire du Monde. Dans son roman, l'écrivaine évoque la face cachée de la guerre d’Algérie à travers le vécu d’une famille française dont le grand-père fut harkis. 
Autre révélation de cette rentrée littéraire, la comédienne, dramaturge et écrivaine Véronique Olmi voit son roman Bakhita publié chez Albin Michel récompensé par le prix du roman Fnac. Depuis le mois de juillet, 35 titres étaient sélectionnés pour ce prix tant attendu (qui avait révélé Petit pays de Gaël Faye l’an dernier). Véronique Olmi narre le destin singulier de Bakhita, née au Darfour au milieu du XIXe siècle. Enlevée enfant par des négriers, elle est revendue sur un marché des esclaves au Soudan. Captive puis domestique, elle découvre la misère en Italie et devient religieuse. À travers son destin hors du commun, se tisse le récit d’une personne exceptionnelle. 


D’autres romans ont été salués par la critique. Parmi les plus remarquables, Léonor de Récondo, explore dans Point cardinal les questions de l’identité et du genre avec talent. 
Jean-Luc Seigle, dans Femme à la mobylette, dresse le portrait psychologique d’une femme dont la vie est bouleversée par la découverte d’une mobylette (!).
Dans Un certain M. Piekielny, son deuxième roman qui est une pépite selon la presse, François-Henri Désérable s’aventure dans les pas de Romain Gary. Il retrace le destin d’un certain M. Piekielny, le voisin de l’auteur de La promesse de l’aube.
Enfin, Kamel Daoud suscite de nombreuses critiques élogieuses avec sa brillante fable Zabor ou Les psaumes. L’auteur, lauréat du Goncourt du Premier roman 2015, interroge le rôle de la littérature et plus particulièrement son pouvoir de maintenir en vie l’humanité.
  
  • Pour les amateurs d’art...


Aux férus de romans sur l’art, nous conseillons Gabriële par Anne et Claire Berest, un roman sur Gabriële Picabia. L’épouse du peintre Picabia conceptualise l’art non-figuratif mais reste dans l’ombre des grands artistes de l’époque, Duchamp et Apollinaire.

Camille Laurens, dans La Petite Danseuse de quatorze ans, nous transporte dans l’univers de Marie Geneviève Van Goethem, danseuse de l’opéra, qui, à 14 ans fut le modèle d’Edgar Degas.

Dans Rien que Rubens, édité par la maison d’édition d’art RMN-Grand Palais, Philippe Forest dresse le portrait du célèbre peintre baroque flamand.

  • ... et pour les férus de romans historiques !

L’action de plusieurs romans se situe, cette année encore, pendant la Seconde Guerre Mondiale. Alexis Ragougneau, dans Niels nous introduit sous l’occupation allemande et au cœur des débats qui agitent la population à la fin de la Seconde Guerre Mondiale ; au moment de l’épuration durant laquelle la frontière entre résistance et collaboration est parfois ténue...
Olivier Guez nous dépeint dans La disparition de Josef Mengele la cruauté de ce médecin ayant mené des « expérimentations » sur les déportés d’Auschwitz. 

Dans Les Bourgeois, Alice Ferney retrace le destin d’une famille bourgeoise depuis la Première Guerre Mondiale. Elle érige ainsi une véritable fresque sociale à travers laquelle on perçoit le rôle essentiel des classes bourgeoises durant les événements qui ont jalonné cette époque.

Nathan Hill, dans Les Fantômes du vieux pays nous immerge quant à lui au cœur des Etats-Unis des années 1968, pendant les manifestations contre la guerre du Vietnam à nos jours. Entremêlant une multiplicité d’histoires personnelles, l’auteur nous fait partager leur lien avec la grande Histoire.


  • Pour les adeptes des romans policiers

Ne ratez pas le tome 5 de Millenium par David Lagercrantz qui s'annonce comme un des polars incontournables de la rentrée.
Dans Ne fais confiance à personne, Paul Cleave nous introduit dans la peau d’un romancier de thrillers atteint d’Alzheimer, mêlant réalité et fiction.
Dan Brown nous propose quant à lui de voyager à Bilbao et de visiter son célèbre  musée Guggenheim dans Origine.



  • Du côté des romans étrangers



Le colombien Juan Gabriel Vásquez, dans Le corps des ruines, revisite les assassinats politiques en Colombie perpétrés durant le XXe siècle. Tout en tentant d’élucider le mystère de ces morts, l’auteur réfléchit sur leurs conséquences sur les hommes.

Orhan Pamuk, l’« écrivain d’Istanbul » nous offre l’un des plus grands romans de la rentrée littéraire avec Cette chose étrange en moi. Très riche, il aborde les thèmes chers à l’écrivain tels que la famille, l’amour et la tension entre le destin et la liberté individuelle. En filigrane, Orhan Pamuk analyse l’évolution sociopolitique et religieuse de son pays

Dans Paysage perdu, Joyce Carol Oates sonde son enfance et son adolescence, périodes qui l’ont poussée à écrire.

Couronné par le prix Pulitzer, Underground Railroad de Colson Whitehead connaît déjà un vif succès. Imprégné de la question raciale en Amérique, son roman offre une voix aux oubliés de l’Histoire incarnés par l’héroïne Cobra qui tente d’échapper à sa condition d’esclave.

Margaret Atwood, auteure de La Servante écarlate,  publie C’est le cœur qui lâche en dernier, un roman original dans lequel un couple, touché par la crise économique américaine, décide de partir à Consilience. Là-bas, il y a du travail... mais un mois sur deux, les habitants vivent en prison !

Dans son roman visionnaire Zero K, Don DeLillo nous invite à réfléchir sur le transhumanisme. Dans un centre de recherche secret, il est possible de se transformer en être humain augmenté. Un voyage mental et sensoriel troublant !

L’auteur allemand Martin Suter nous propose dans Elephant, l'histoire drôle et attachante d'un ancien financier qui, ayant tout perdu, se retrouve à la rue et découvre un matin un éléphant nain rose et fluorescent.

  • Des poids lourds pour la rentrée !


A prendre au sens propre du terme car cette année les romans de plus de 500 pages se sont démultipliés. Plusieurs explications sont possibles. 2017 a été une année électorale, donc une mauvaise année pour l’édition de romans (avec un recul de 2% par rapport à l’an dernier). Les écrivains Michel Le Bris, Philippe Jaenada, ou encore Alan Moore avec Jérusalem auraient-ils voulu tenter de compenser ? Auraient-ils écrit plus que d’habitude impatients dans l’attente de la rentrée littéraire ? 

  • Les romans les plus obscurs ou solaires de la rentrée 
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Peut-on tisser des liens entre les parutions de cette rentrée ? Plusieurs romans ont pour point commun d’être des romans nocturnes : citons Légende d'un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant, L'Avancée de la nuit de Jakuta Alikavazovic ou encore La Nuit des enfants qui dansent de Franck Pavloff.

A l'inverse d'autres auteurs sont nostalgiques du soleil estival; notamment Chantal Thomas et Monica Sabolo le sont dans leurs romans respectifs Souvenirs de la marée basse et Summer.

  • La saison des prix littéraires pointe (déjà) le bout de son nez !
Vous vous demandez quels titres de cette rentrée sont en lice pour les prix littéraires ? Les premières sélections des prix littéraires sont parues au début du mois de septembre. Retrouvez les sélections du prix Renaudotdu prix Goncourt et du prix Médicis. Pour la prochaine sélection il faudra attendre le 11 octobre durant la Foire du livre de Francfort où la France est à l’honneur !


La proclamation de ces prix les plus prestigieux aura lieu dès le début du mois de novembre. Et bien sûr, tous ces ouvrages sont à votre disposition dans vos bibliothèques. Vous pouvez consulter ici notre sélection élargie, n’hésitez pas à les réserver car ils sont très attendus ! Bonne lecture à tous. 

Fabienne et Lucie

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